"Les gens se font tellement d'idées ! Vous vous imaginez que tous les agents secrets sont des gravures de mode, virtuoses du 200 mètres brasse et médaille d'or de piano toutes catégories... ; vous nous supposez des sourires Julio Iglesias (l'album date de 1987. NDLR) face aux pires périls de ce monde et rien que de légers froncements de sourcils lorsque les robes de nos conquêtes glissent jusqu'au sol. Et vous avez raison. Enfin moi, en tout cas, je suis un peu comme ça... Bien sûr, ma vie aurait pu être différente, s'il y avait eu moins de jolies filles à explorer, de belles voitures à séduire et de lointaines contrées à maîtriser. Mais très jeune, j'ai appris à accepter le lourd fardeau. Qu'elles soient cent ou mille (je parle des femmes, des voitures et des contrées), jamais je ne reculerais devant mon destin (...)".
Ainsi débute "Scotch Malaria", 5e tome des aventures de 421, agent secret au service de sa majesté. Cette histoire présente la particularité d'être relatée à la première personne, soit par Jimmy Plant lui-même et l'exercice, plutôt rare en BD, est très amusant et pleinement réussi.
Il s'agit pour 421 d'infiltrer une organisation criminelle libyenne, dans laquelle son rôle consistera dans un premier temps à former un commando (composé, entre autres, d'une américaine, d'une libyenne, d'un français, d'un argentin, etc.) puis à récupérer Mademoiselle Diana McNamara, séquestrée par des cubains, au fin fond de la jungle congolaise. Dépaysement garanti !
A vrai écrire, l'album vaut plus par la qualité de ses textes que par sa trame ou son dessin plutôt classique. Les rapports entre le chef et ses soldats, particulièrement la relation argentino-britannique (la guerre des Malouines est encore dans toutes les mémoires), valent leur pesant de cacahuètes.
- "Chers amis, savez-vous ce qu'il y a dans ce verre ?"
- "lé réflet de ta sale gueule de britisch !"
- "très juste, il y a aussi deux doigts de whisky. Mais savez-vous ce qu'il manque encore dans ce verre ?"
- " lé réflet de mon poing sur ta gueule ! "(...)
Ainsi de suite.
Ou encore : "(...)Le soleil du désert commençait à se fatiguer à l'horizon et je dois dire que je le comprenais, car faire la lumière toute la journée sur une pareille bande de déchets épuisait certainement beaucoup d'énergie(...)".
En bref, 421 va devoir jouer finement et si vous souhaitez connaître la fin de l'aventure, n'oubliez pas de vous procurer le tome 6 car l'histoire se déroule sur deux albums. |