Bien malin celui qui réussira à raconter, au moment de le refermer, ce qu’il se passe dans Curiosity shop sans se référer au quatrième de couverture pour se rafraîchir un peu la mémoire.

C’est là le plus gros défaut de l’album, pour le coup vraiment handicapant : très (trop) fournie, l’intrigue part dans toutes les directions au bout de dix planches et nous laisse vite sur le trottoir de la page, dans les blancs entre les cases, à nous délecter de la beauté du dessin mais sans nous convier à participer au mystère mis en place par Teresa Valero et dans lequel patauge Max Prado, jeune femme au tempérament espagnol affirmé et bien décidée à faire main basse sur son héritage avant... Avant qui, au juste ? Il y a tellement de monde qui intervient dans l’histoire que l’on ne sait jamais qui est qui, qui fait quoi, où, quand et pourquoi. C’est d’autant plus frustrant que tout est fait pour plaire : une héroïne engageante, un parfum d’aventure dans un contexte historique tendu, tout un tas de gueules plus graphiques les unes que les autres, un soupçon d’ésotérisme, le tout servi par un trait des plus gracieux et une mise en page fluide et dynamique.

 

Alors bon, ne noircissons pas déjà le tableau et restons pour l'instant sur cette belle impression visuelle. Pour l’histoire, attendons la suite : il n’est pas dit que la scénariste des Sorcelleries de Guarnido continue de s’enfoncer dans une accumulation de personnages et d’enjeux superfétatoires. Gageons qu’elle saura mettre de l’ordre dans ce mic-mac afin de donner à lire ce que nous ne touchons pour l’instant que du bout des doigts : une bonne aventure riche en retournements et péripéties, dans la lignée d’Adèle Blanc-Sec, le mauvais caractère de l’héroïne en moins.

 


Chronique par
Ménélias

Curiosity shop
© Glénat

Curiosity shop tome 1
par Valero & Martin

Ed. Glénat
27 avril 2011

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