Attention, gros coup de cœur !
Pour le commun des mortels, Zep, c'est avant tout Titeuf.Et même si j'aime bien, et plus spécialement les premiers albums, je ne suis pas fan absolu et regrette un peu de le voir partout, même si cette présence est parfois, il est vrai, pour la bonne cause. Mais bizarrement, alors que j'ai toujours tendance à préférer les auteurs qui prennent des risques, qui arrêtent une série à son sommet, qui changent de style de dessin ou qui font un western après avoir fait de la science-fiction, j'aime bien le boulot de Zep. Surtout, je craque lorsqu'il parle d'autre chose que de Titeuf.Voir ses yeux lorsqu'il parle musique, c'est un plaisir. C'est comme regarder les yeux d'un enfant contemplant les cadeaux de Noël sous le sapin. Et après L'Enfer des concerts, hommage à la musique, il nous remontre ses yeux, et se dévoile, ou plutôt, se découpe en tranches.
Dans un magnifique album, presque carré, l'auteur mélange sujets légers et profonds, avec son dessin si reconnaissable et parvient toujours à mettre une petite touche d'humour (regardez particulièrement la case finale, au verso de chaque sujet). Alors que Titeuf se lit plutôt rapidement, cet album se déguste. On traîne sur chaque case, souriant sur certains clins d'œil, certains hommages. Mais surtout, l'auteur arrive également à nous toucher, en parlant du deuil, de ses tristesses. Bref, alors que Larcenet se met à nu de manière parfois un peu mélo avec son clone Marco, dans Le Combat ordinaire, Zep le fait avec humour, et de manière plus subtile, dans une succession de strips.
Un album à lire donc, en oubliant tout ce que vous croyez savoir de Titeuf et de son auteur, et à savourer, tranquillement sous les draps. |