La Douce a seize ans, elle est belle, orpheline et cherche du travail. Lui en a plus de 40 et, pour la sauver de l’enfer qu’elle vit chez ses tantes, lui propose de l’épouser. On dirait du Perrault, on dirait du Disney.

 

Ne vous y fiez pas, c’est du Dostoïevki et, forcément, ça va finir en tragédie. Le prince charmant est un ancien officier de l’armée devenu usurier, plus rapace que radin. Obsessionnel, il traquera la Douce et, après l’avoir obtenue, la considérera comme un objet, une bonne, tout sauf comme une femme, niant son humanité. Il la harcèlera allant jusqu'à tuer en elle toute bonté, toute joie, tout ce que la jeunesse porte de vie et d'amour. La Douce gagnera une bataille mais pas la guerre et à la fin, elle abdiquera. Tout le monde perdra, lui surtout, cet homme qui confondit amour et asservissement.

 

Cette magnifique adaptation, dont le dessin est proche de l’icône et de la tapisserie, cette magnifique adaptation, aux larges aplats et aux couleurs sourdes, cette magnifique adaptation, disais-je, a le parfum slave de la nostalgie, de la passion, du drame et du sang. Il serait dommage de passer à côté d’une telle œuvre.

 

Chronique par Low Valley


© Carabas

La Douce
par L. Dauvillier
& M. Allouche

Ed. Carabas - 2007

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