Fausse garde est déjà paru en 2004 sous le titre de Pankat . Enfin, seulement le début sous la forme d'un 48 pages quadri couleurs traditionnel. Mais par manque de temps de l'auteur et par absence de succès éditorial, la série ne continue pas. Vents d'Ouest a néanmoins redonné une chance à Merwan et à sa série en la publiant dans son intégralité, sous la forme d'un 200 pages quadri souple. Non seulement les lecteurs ne passeront pas à côté de cet album étonnant, mais ils auront également économisé de l'argent (15€ le one shot contre 13€ le tome 1). Classique dans son histoire, Fausse garde nous raconte la vie de Mané qui, passionné par un sport de combat nommé Pankat, "monte à la ville" pour tenter d'y percer. Comme tous les jeunes naïfs, il est plein d'idéaux et se retrouvera vite en drôle de compagnie et devra faire des choix bien éloignés des règles vertueuses du Pankat... Sans temps mort, le héros nous trimballe des bas-fonds miséreux aux fêtes les plus glorieuses (et inversement) tout en nous perdant parfois quant à ses motivations personnelles. L'aueur, qui pratique les arts martiaux depuis plus de 10 ans, jongle habilement entre les scènes de combat réalistes, pour montrer la véritable violence de l'affrontement et non pour en célébrer la fausse magnificence comme c'est très souvent le cas. Au fur et à mesure, le cheminement psychologique du héros est dévoilé : il se cherche, il est en perpétuelle rébellion, il veut bien faire... et s'en prend plein la tronche tout le temps. Autant au sens figuré que littéral. Côté dessin, Merwan a déjà de la bouteille. Habitué de l'animation, il maîtrise très bien les scènes d'action, ose un découpage hors-normes aux cadrages inhabituels et entraîne un rythme dynamique qui nous porte jusqu'à la dernière page. Il serait vraiment dommage de s'arrêter à la première impression esthétique, comme j'ai moi-même failli le faire. Fausse garde en jette. Lisez-le ! |