Je demande une minute de silence à la mémoire des millions de souris, chimpanzés et autres bébêtes zigouillés dans les laboratoires du monde entier, et de leur devancière en souffrance, la chienne Laïka, morte dans un module spatial en octobre 1957...
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L'hommage ayant été rendu, intéressons-nous d'un peu plus près à ce Laïka de Nick Abadzis, à qui l'on reconnaîtra le mérite d'avoir adopté un angle d'approche original pour évoquer la lutte effrénée que se menaient Américains et Russes pour la conquête spatiale : celui de s'intéresser au sort du premier être vivant envoyé en orbite.
L'histoire de cette petite chienne, sacrifiée pour satisfaire aux exigences de Khrouchtchev (le voyage dans l'espace devait coïncider avec la date du quarantième anniversaire de la révolution d'octobre), peut, par instants, toucher le lecteur, mais, malheureusement, son traitement n'évite pas toujours l'écueil d'une certaine niaiserie, comme dans les passages où l'animal rêve.
Mais exceptée cette réserve, l'album est plutôt réussi et vaut également par son côté pédagogique qui permettra sans doute aux lecteurs les plus jeunes de découvrir la guerre froide, la propagande, le régime totalitaire de l'URSS et son cortège de dénonciations calomnieuses, de condamnations arbitraires et de séjours au goulag.
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