Des sales gueules, des abominables tronches !
Ce qui frappe dès la couverture de Last Bullets, ce sont les personnages que trousse le dessinateur Lelis : leurs traits porcins les rend hideux, mais leurs trognes improbables siéent à merveille aux basses œuvres qu'on leur confie, et finissent par les faire ressembler aux créatures fantastiques qui peuplent également cet album.
Et c'est bien là la vraie réussite du livre : le dessin si particulier de Lelis. Une fois "apprivoisé", il séduit par ses couleurs directes posées sur des planches où l'on voit encore le crayonné. Les tons de gris donnent au bayou, qui sert de décor à la deuxième partie de l'histoire, un aspect inquiétant et une atmosphère baignée de mystères.
Pour le reste, ce conte, oscillant entre récit historique (la BD s'ouvre en pleine guerre de Sécession et suit l'équipée de quelques soldats sudistes) et fable fantastique (elfes et autres gnomes n'hésitent pas à se mêler aux humains pour une chasse au trésor sanglante), se révèle un brin trop brouillon pour qu'on parvienne à suivre totalement le scénariste dans sa folie.
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