Si un beau matin de 1966, vous vous réveillez et, branchant votre poste de radio, vous apprenez que Marilyn Monroe et son mari Isaac Asimov seront bien présents au concert donné par les Beatles assistés de Kraftwerk ? Ça ne vous est pas arrivé ? Eh bien Duval et Berthet l’ont fait !
Bien évidemment, le cœur de leur propos n’est pas dans l’anecdote triviale ou le clin d’œil référencié mais bien dans la vie de Nico.
Sur fond d’uchronie, le lecteur est invité à suivre les tribulations de la jeune femme : de son enfance américaine coïncidant avec la découverte d’un vaisseau spatial dans le désert, à sa maturité en tant qu’agent actif au sein de la CIA. Si l’intrigue principale consiste à trouver qui a commandité le meurtre du mystérieux milliardaire Max Wonder, plusieurs sous-intrigues coexistent, dont la plus intéressante réside dans la recherche de la famille de Nico, attisée par quelques bribes de souvenirs berlinois.
Le tout est servi dans un monde retro-futuriste qui résulte de la découverte quasiment simultanée d’une soucoupe volante crashée en URSS et de son double accidentée aux environs de Roswell, en 1947. La face du monde en a été changée. Ainsi, Staline est toujours en vie et plus actif que jamais. Les USA et Cuba collaborent à la création de villes sous-marines autonomes, depuis un centre de recherches situé à Guantanamo. Les jets-skis sont aussi communs sur les quais de la Seine que les fax dans les bureaux. Le disque laser a été inventé en 1965 et les voitures volantes n’ont pas attendu Mézières pour devenir réalité.
"Atomium-Express" est un album amusant, alerte, enlevé, qui ne se prend pas au sérieux. C’est très jamesbondien (espionnage, gadgets, poursuites, traîtres) et parfaitement assumé. Si l’on ajoute que le travail d’impression est remarquable, avec une très belle maquette, un papier volontairement jauni pour produire un effet vintage et un grand format de bon aloi, un mot peut résumer ce travail de groupe (Duval-Berthet-Hubert) : jubilatoire. |