Attention, ovni !
Même les défunts ont le droit de baiser et de se faire pardonner d’avoir agi comme des salauds de leur vivant : une nuit de pluie et d’orage, un fruit en forme de cœur se détache de son arbre et s’éventre sur la sépulture de Benny (oui, Benny, celui-là même des Oeuvres vives, du même Baladi). Les araignées s’enfuient et Benny se lève d’entre les morts pour hurler l’amour du fond de son cimetière jusque dans les rues de la ville voisine. Les femmes entendent le rut du zombie mais seule l’ex du mort-vivant reste là, à attendre le retour de celui qui l’a cocufiée autrefois. Pour la belle, le temps de la réflexion ne sera pas trop long : tant pis si Benny perd ses membres sous ses yeux, l’envie d'enfourcher le plus vigoureux d'entre eux une dernière fois entre deux poubelles sera plus forte que le dégoût et la rancœur.
C’est beau, l’amour : c’est blanc et outremer, ça ne s’étale pas au-delà de vingt-six planches, c’est radical, transgressif et complètement barré. C’est jouissif, ça confirme que les auteurs Suisses ont un grain et que l’éditeur de la bile noire est toujours prêt à l’assumer.
Ca fait plaisir. |