Son reportage sur l'action de Médecins Sans Frontières en Afghanistan terminé, Didier Lefèvre, photographe, décide de rentrer au Pakistan, seul, sans attendre l'équipe de MSF. Ce retour marquera sa vie, tout autant que son séjour dans la région.
Plus de 2 ans après le début de la série (et quelle série!), les auteurs Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier écrivent le mot fin. Guibert, déjà adepte du mélange textes–dessins-photos dans la Guerre d'Alan (dont j'attends avec impatience le troisième et dernier tome) atteint sans doute un sommet dans le style avec Le Photographe. En mixant une histoire incroyable, un dessin sobre mais efficace et des photos magnifiques, les auteurs nous entraînent dans une aventure humaine extraordinaire.
Ce tome 3 est avant tout centré sur Didier, le photographe. On est directement aspiré par l'histoire et on voyage à côté de lui, lors de son retour. On erre, comme lui, tout au long de ce périple, ne sachant pas à qui faire confiance, ne sachant pas qui suivre, qui croire, que faire. Mais ce qui donne sans doute le plus de force à ce récit, ce sont les photos. Des photos qui au fil des tomes ont pris plus d'importance. Le pic se trouve sans aucun doute pour moi entre les pages 54 et 63. Après 4 pages en gaufrier, puis 2 photos, arrive une photo, LA photo, en double page, point d'orgue de l’histoire. Un moment intense, aussi bien dans l'histoire que pour le lecteur.
Sans jamais tomber dans la caricature ou dans la facilité, les auteurs décrivent simplement, justement, une histoire vraie, une histoire belle. C'était déjà ma conclusion lors de la chronique du tome 2, l'histoire montre malheureusement que c'est plus que jamais d'actualité : dans un monde où les musulmans sont de moins en moins compris et de plus en plus abusivement assimilés à des terroristes, lire Le Photographe permet d'avoir une autre vision, plus objective, plus personnelle et moins instrumentalisée de la situation. Cela ne rend pas les choses plus roses, mais en fermant la dernière page de cet album, on a l'étrange impression d'avoir vécu quelque chose, et d'en ressortir, nous aussi, grandis.
Bonne lecture |