Un adolescent allemand, immergé à bord d’un sous-marin de la Kriegsmarine en 1945, entre perte de l’innocence et passage à l’âge adulte, débat régulièrement de son passé et de la vie avec un phoque.
Aussi surprenant qu’il puisse paraître au premier abord, le choix de Michel Constant de faire évoluer le récit grâce aux dialogues entre Josef et un mammifère marin, fonctionne parfaitement. Et nul besoin de savoir s’il s’agit d’une hallucination, d’un animal réel ou d’une béquille subconsciente pour aider le jeune à se dévoiler, le but ne réside pas là.
Entre deux plongées périlleuses pour échapper aux mines sous-marines, l’ennui, l’étouffement, Josef parviendra à en révéler beaucoup sur son enfance, ses sentiments pour une fille juive partie prendre le train, sa culpabilité, ses malaises.
Plus qu’un album de guerre, Rue des chiens marins illustre les angoisses de l’adolescent plongé dans une situation exceptionnelle et pourtant partagée par des milliers de personnes dans des dizaines de pays, à toute époque.
Jeunes français, allemands, américains, britanniques, australiens, coréens, afghans, russes, prussiens, japonais... un même combat.
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