Je lis ici et là que le dessin des Sentinelles est une horreur, qu’il dégoûte d’acheter l’album et blah blah blah, je vous en passe et des meilleures. Délicieusement rétros, les couleurs et la signature graphique de Breccia-fils soutiennent à merveille ce nouveau petit joyau de Xavier Dorison. Car on ne met pas en image la guerre 14/18 comme on dessine l’univers de Troy. Il faut une maturité, un réalisme, un sens du malsain que peu possède.
Passé ce léger malentendu, parlons de la sentinelle de cet album, Gabriel Féraud, scientifique sans aucun sens pratique, anti-militariste convaincu, que l’armée et le hasard vont posséder dans les grands largeurs.
De chair et d’acier, Taillefer, puisque c’est son nom, est chargé d’utiliser sa puissance pour protéger le simple troufion, pour mener à bien les missions les plus délicates.
Dans ce premier tome, la genèse du projet "Sentinelles" vous est dévoilée, les personnages vous sont présentés et c’est avec délectation que dans l’histoire vous vous plongerez. Découvrir la galerie de personnages que nous ont concoctés Dorison et Breccia est un grand plaisir ; de Djibouti au Docteur Kropp, c’est toute une palette de salauds qui vont œuvrer à la création de nouveau héros de la nation française ! Quant aux femmes, fortes, manipulatrices, leur rôle, on l'espère, va prendre de plus en plus d’ampleur.
Dénonçant la guerre pour ce qu’elle est, une boucherie innommable, Les Sentinelles est LA série à ne pas manquer.
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