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En cuisine, le suprême désigne le blanc du poulet ou le filet d'un gibier, voire le filet d'un poisson fin. Il désigne également un velouté de volaille monté à la crème et au beurre. Force est de constater que le chef s’est montré généreux avec ces produits tant l’album rassasie le lecteur affamé qui aura osé pousser la porte du Moore’s restaurant.
Si vous veillez sur vos artères comme un sportif de haut niveau, si vous tenez à apprivoiser votre cholestérol, si vous voulez vous dispenser d’une liposuccion qui vous tend les bras, ou si la perspective de faire passer toutes vos économies dans un stage Weight Watchers extra-longue durée, évitez d’avaler d’une traite cet ouvrage pantagruélique. C’est du lourd ! Mais attention, du lourd en talent et non du lourd "made by camionneurs’ humour". Il s’agit juste de savoir l’apprécier et le digérer en disposant d’une panse de compétition parce que les plats sont copieux et défilent sans discontinuer.
Alan Moore est un chef ! Sous couvert de menu traditionnel, il joue avec le client en utilisant des ingrédients beaucoup plus fins et subtils qu’il n’y paraît et un savoir-faire de grande classe. Ainsi, naïvement, on pense s’attarder sur les aventures banales d’un énième clone de Superman avec tous les clichés de rigueur et on se retrouve à déguster de savants hommages et clins d’œil en entrée, d'exquis détournements de codes et références en plat principal, pour terminer par un succulent plateau de mises en abime, le tout accompagné d’humour bien frappé. Dé-lec-table.
Nouez votre serviette autour du cou, affûtez votre fourchette, aiguisez votre couteau et en avant pour le menu royal ! |