Dans le vaste univers du shôjo, la diversité devrait être maître mais existe-t-elle vraiment ?
Trouver une série originale et moderne se révèle finalement un exercice encore bien difficile !
Trill on Eden ne fait malheureusement pas exception. Engoncé dans des stéréotypes propres à certains genres de shôjos, ce début de série en perd son attrait.
Ritsu se présente comme une jeune fille maladroite et guignarde. Pour des raisons familiales, elle intègre l'internat de son lycée. Malencontreusement, sa rencontre fortuite avec le beau et populaire Eiri Takumara lui vaut une incorporation de force dans la section de l'internat la plus prisée et la plus inconnue. C'est ainsi qu'elle se voit dans l'obligation de partager un appartement avec le fameux et insupportable Eiri.
Nous avons donc d'un côté une jeune fille forte et dynamique qui va cependant subir les humeurs et actes de monsieur avec une abnégation exemplaire. De l'autre côté, un jeune homme abject au premier abord mais musicien hors-pair qui se révèlera certainement sensible et torturé dans le futur. Ritsu apparaît comme une jeune fille volontaire et confiante en elle mais perd ses moyens face à l'indifférence de Takumara et la manipulation de Hidetsugu. Sa résistance et son opposition sont plus présentes en pensée que dans les faits.
Mais le plus décevant est certainement le contexte. En effet, Trill on Eden nous offre ENCORE (oui parce qu'il est loin d'être le seul !) le gros stéréotype de la jeune fille fragile brutalement immergée dans un groupe de jeunes richissimes aux allures de princes charmants. Groupe qui l'accueille bien évidemment à bras ouverts avec un brin d'idolâtrie.
Une sorte de conte qui se veut moderne mais s'enfonce dans les archétypes anciens d'une certaine vision de la femme et de ses désirs.
Cependant n'exagérons rien. Sur le fond, ce premier opus n'est pas mauvais ; le graphisme et la narration sont agréables, l'idée parrain-filleule maintes fois utilisées restent bien exploitée malgré son côté invraisemblable et l'humour -même si il ne fait pas mouche à chaque fois- est bien présent. De plus, les personnages, même stéréotypés, présentent quand même une certaine profondeur.
Dénigrer complètement Trill on Eden serait donc une erreur (surtout face à ses concurrents de même acabit et de qualité parfois nettement moindre) mais force est de constater qu'il s'adresse essentiellement aux amatrices (et amateurs) de ce type de shôjo.
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