Rares sont les témoignages réels sur la Chine du temps de Mao. Et rares sont les occidentaux qui, à la lecture de ce livre, arriveront à croire que la propagande puisse être aussi forte. Pour nous qui ne connaissons que la démocratie, comment est-il possible qu'un seul homme ait réussi à pousser la masse à détruire littéralement son pays ?
Une vie chinoise est un ouvrage troublant. L'auteur, installé en Belgique par l'éditeur le temps de la rédaction des deux tomes, a été pendant trente ans le dessinateur de la propagande du parti. Aidé par un co-scénariste français, qui a vécu une dizaine d'années en extrême-Orient, il nous conte son histoire de 1949 à 1976. On découvre alors comment cette machine autodestructrice s'est mise en marche, comment le peuple l'a suivie, comment les terroirs furent détruits, les ressources détournées, comment les enfants dénonçaient les parents. De nombreuses anecdotes toutes aussi effarantes les unes que les autres relatent la folie dans laquelle les chinois se sont plongés, au point de vivre plusieurs années de famine, et de subir encore aujourd'hui, ce conditionnement si puissant.
Je dois dire que ce livre m'a remuée. Difficile d'exprimer ce qu'on y découvre tant c'est parfois impossible d'y croire. Et pourtant, ces 27 ans expliquent beaucoup de choses, notamment la réaction actuelle du peuple qui est encore, quelque part, sous l'emprise du Grand Timonier (surnom de Mao). Comment l'homme peut-il accepter une telle descente aux enfers, alors qu'il peut être doté d'un tel sens critique ? Ce n'est pas dans ces pages que vous trouverez la réponse, mais vous devez lire Une vie chinoise pour en savoir plus sur ces orientaux fanatisés. |