Le trentième salon du livre de Paris s’est ouvert cette année sous fond de polémique et bras de fer entre les organisateurs (SNE, Reed Expositions) et certaines maisons d’éditions parmi lesquelles Hachette (n° 2 mondial de l’édition) qui, contestataire, a limité son stand à 100 m² (au lieu des 900 habituels). La raison : trop cher ! Et simple rendez-vous de chasseurs d’autographes ?

 

BDetente s’est rendu à ce salon du livre en tant que représentant d’un site de bandes dessinées mais aussi en tant que grand adepte de littérature en tout genre et animé d’une insatiable curiosité pour ce salon créé en 1881 et ouvert aux professionnels comme au grand public. Cette année, l’événement avait la particularité de ne pas mettre de pays en avant mais de proposer un ensemble d’auteurs et d’œuvres étrangers.

 

Les plus gourmands ne pouvaient que se laisser tenter par les fameuses friandises Haribo situées à l’entrée du pavillon.

SDL Paris 2010
SDL Paris 2010

Un bonbon légèrement acidulé sous la langue, nous attaquons donc par une première conférence scientifique : "Quand le gène est en conflit avec son environnement", animé par B. Swinghedauw (docteur en médecine, docteur ès Sciences et directeur de recherche à l’INSERM). Une introduction à la Médecine Darwinienne.

Un livre et une conférence marqués par une approche originale face à des questions contemporaines, l’auteur a en effet cherché à comprendre le fait médical à travers l’évolution biologique. Ainsi, il met en évidence l’augmentation des maladies auto-immunes et expose l’idée que de nos jours notre corps se bat surtout contre lui-même plutôt que contre les bactéries. Le cancer, sur un plan strictement évolutionniste, est en adéquation avec l’évolution (augmentation de la prolifération de cellules).

Ainsi il nous présente une approche médicale scientifique surprenante non dénuée d’intérêt entre notre évolution, notre mode de vie ayant un effet radical sur notre environnement bactériel, et les maladies rencontrées. Notre microbiome serait un modèle de coévolution. Simplifiées au maximum, ces quelques lignes ne rendent pas compte de tout le travail et l’intérêt de ses recherches et certainement de son livre.

Changeons maintenant radicalement de sujet avec le débat : "La télévision rend-elle mauvais ?".

M. Etchaninoff (L’Expérience extrême, éd. Don Quichotte), C. Nick (L’Expérience extrême), J.-L. Missika (La fin de la télévision, éd. Seuil) animé par M. Legros (Philosophie magazine).

 

L’expérience de Milgram (d’où est issue l’idée de l’expérience interdite) a été remise dans son contexte historique et les différences avec "l’expérience interdite" ont bien été définies. En psychologie sociale, les intervenants ont signalé que cette expérience était intéressante à certains égards mais qu’il ne fallait pas la sortir de son contexte à savoir celui d’un jeu télévisé.

Le débat serait trop long à retranscrire mais deux points de vue différents se sont démarqués : celui des expérimentateurs qui précisent que ce n’est pas une étude du comportement humain mais une preuve de notre soumission à la télévision, à l’emprise d’une hiérarchie, d’un système tandis que les détracteurs n’approuvaient pas le fait d’"utiliser la propagande pour contredire une propagande".

La discussion fut riche et intéressante de par ses avis divergents, ses différents aspects oscillant entre psychologie sociale et philosophie. L’aspect très manichéen de "l’expérience extrême"(les candidats ayant arrêté la "torture" ont été félicités tandis que pour les autres des termes forts ont été utilisés comme "dérapage" et "outrance") a dérangé certains intervenants qui ont ainsi approfondi la réflexion sur une question plus généraliste : "Au nom de quelle autorité peut-on juger ?".

Peut-on ainsi tester la moralité de l’homme ? Enfin, la conversation est revenue sur la télévision, outil créé à la base pour nouer un lien social. Elle ne l’est plus vraiment maintenant et est remplacée par internet qui permet plus d’interactivité.

Nous faisons maintenant un petit tour au salon de lecture, histoire de se détendre un peu et d’entrer dans l’univers magique des mots et de l’imaginaire. Plusieurs lectures d’auteurs étaient organisées dont certaines en musique. C’est une expérience déroutante et inhabituelle d’observer un auteur lire et exprimer par des gestes et mimiques son propre texte.

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Reportage de Luna

Angoulême
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Salon du Livre 2010
Paris, France


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