Changeons maintenant radicalement de sujet avec le débat : "La télévision rend-elle mauvais ?".
M. Etchaninoff (L’Expérience extrême, éd. Don Quichotte), C. Nick (L’Expérience extrême), J.-L. Missika (La fin de la télévision, éd. Seuil) animé par M. Legros (Philosophie magazine).
L’expérience de Milgram (d’où est issue l’idée de l’expérience interdite) a été remise dans son contexte historique et les différences avec "l’expérience interdite" ont bien été définies. En psychologie sociale, les intervenants ont signalé que cette expérience était intéressante à certains égards mais qu’il ne fallait pas la sortir de son contexte à savoir celui d’un jeu télévisé.
Le débat serait trop long à retranscrire mais deux points de vue différents se sont démarqués : celui des expérimentateurs qui précisent que ce n’est pas une étude du comportement humain mais une preuve de notre soumission à la télévision, à l’emprise d’une hiérarchie, d’un système tandis que les détracteurs n’approuvaient pas le fait d’"utiliser la propagande pour contredire une propagande".
La discussion fut riche et intéressante de par ses avis divergents, ses différents aspects oscillant entre psychologie sociale et philosophie. L’aspect très manichéen de "l’expérience extrême"(les candidats ayant arrêté la "torture" ont été félicités tandis que pour les autres des termes forts ont été utilisés comme "dérapage" et "outrance") a dérangé certains intervenants qui ont ainsi approfondi la réflexion sur une question plus généraliste : "Au nom de quelle autorité peut-on juger ?". Peut-on ainsi tester la moralité de l’homme ? Enfin, la conversation est revenue sur la télévision, outil créé à la base pour nouer un lien social. Elle ne l’est plus vraiment maintenant et est remplacée par internet qui permet plus d’interactivité. |