Beatnik> Non ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu dire, tu diminue involontairement mon propos. Moi aussi j'écoute du métal, moi aussi j'ai été rôliste et bien évidemment je pense qu'il y a un monde entre fascination et passage à l'acte. Maintenant, comme chacun le sait notre conduite, notre notion de bien et de mal est basée sur des valeurs sociales fondamentales. Dans les gens influençables, si on évacue les enfants et jeunes ado, dont ces valeurs et les limites ne sont pas encore "fixées" (et qui ne sont pas censé regarder uniquement des trucs comme Saw), que reste-t-il? Les adultes spychologiquement faibles ou plus sérieusement atteints?
Pas seulement. Si seulement ces catégories là étaient influençables, penses-tu que de grosses entreprises dépenseraient des sommes astronomiques pour leurs campagnes de pub?
Alors évidemment, on va me sortir qu'il faut etre idiot pour croire aux publicités, qu'on sait tous pertinament qu'elles sont là pour vendre, et que finallement pas grand monde tombe le panneau, car les gens sont pas si idiots. Mais les publicitaires sont moins idiots que nous. Ce qui nous rentre dans la tête c'est pas le message publicitaire lui-même, mais plutot le sentiment de proximité qu'un produit va nous inspirer a force de faire partit de notre quotidien médiatique... Pour les valeurs et messages transportées par les oeuvres, c'est un peu pareil. Au fur et à mesure, ils sont banalisés, intégrés et nous influences forcément quelque part, en bien ou en mal, même à petite dose...
Bien entendu, quelqu'un qui regarde dexter et est fasciné par le personnage ne deviendra pas forcément un meurtrier !
Néanmoins, il a été prouvé par une étude américaine que les femmes amoureuses de sérial killers (aux USA en tout cas), sont influencées par l'imagerie fascinante qui les entoure imposée par les médias... Est-ce que tout celà est très sain? je ne le crois pas. Est-ce que les auteurs sont responsables des dérives potentielles? Bien sur que non! Est-ce que l'art doit se limiter à un aspect sain des choses? Evidemment que non. Mais pour moi, quand on touche à de tels sujet, ca doit être dans le but de faire réflechir sur certaines valeurs considérées comme fondamentales, sinon c'est purement gratuit. La provoc ok, mais la provoc ça sert à faire passer un message, un propos... La provoc gratuite c'est l'apanage des cons qui aiment se faire remarquer. Je n'y trouve aucun autre intérêt. Si vous en trouvez un autre, j'aimerai bien le connaitre, ca pourrait peut etre me faire changer d'avis...
Hobbes a écrit:
non, pas une grosse connerie; une mauvaise manière de m'exprimer plutôt
Oui oui certes, je me suis emporté
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Pour être plus clair, je remanie : "Et le pur divertissement qui ne véhicule strictement aucun message univoque de façon volontaire ?"
volontaire ou pas ca n'a pas de sens car comme tu le dis après, chacun va ressortir quelque chose. Donc message il y a.
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Oui et non. Parce que les valeurs dont tu parles (peu importe le film), c'est TOI qui les "tires", c'est TOI qui interprètes. Parfois, on peut comprendre la volontés des auteurs, parfois, c'est de l'interprétation pure et hs. Tu sembles mêler et confondre les deux en prenant pour faits établis les valeurs et les morales que TOI tu en tires.
C'est très intéressant mais le risque de faire de la philo ou de la psycho de comptoir n'est pas très éloigné. Analyser toute œuvre est passionnant, mais poser pour vérité sa propre interprétation me paraît un chouïa osé.
J'ose j'ose
Bien entendu, tu as raison, et alors?
Je me souviens d'un échange avec un ami qui voyait en Starship troopers une apologie du militarisme Américain et de leur idéal de victoire via l'écrasement total de leurs adversaires. Moi je trouvais au contraire que c'était un grosse critique de ces aspects là de l'américanisme le plus caricatural... Il est pourtant évident que cet aspect carricatural est présent dans le film, et les propos de Verhoven autour du film s'accordent à mon analyse, pourtant pour mon pote, c'est loupé, tout ça parce qu'à la fin les gentils américains gagnent malgré l'asservissement du peuple et la volonté de génocide... Moi j'y ai vu un carricature de victoire hollywoodienne... Et si chacun voit ses deux aspects ce n'est pas qu'une question d'interprétation cher ami, mais bien que LES DEUX sont présents dans le film.
Si chacun peut tirer d'une oeuvre un message qui ne sera pas le meme que celui du voisin, c'est parce que tous ces messages sont présents. L'interprétation n'annihile pas la présence que je sache?
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C'est une interprétation très surprenante. Il me faudrait revoir le film avant de pouvoir en débattre
si j'étais le seul à le dire je trouverais aussi ca surprenant...
Maintenant je ne dis pas avoir raison. J'ai juste remarqué que ce réalisateur mettais souvent en avant des valeurs qui aux states résonnent comme des valeurs plutôt conservatistes (la famille dans Thank you for smocking, l'anti avortement dans Juno, et je ne sais quoi dans In the air que je n'ai pas vu);
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Pourrais-tu développer ton argumentation ? Je ne la tiens pas pour fausse a priori mais c'est un peu léger d'affirmer "c'est ce que les scénariste et réalisateur ont voulu faire passer comme impression, que quand même, ce tueur, putain qu'est-ce qu'il est trop fort, ouaw." comme ça, tout de go.
Cette fin, où sans trop en dire, on voit le tueur se relever. Là tu comprends que tu t'es fait berner tout le long, de la même facon que les protagonistes, et qu'il faut être sacrément bon en manipulation pour arriver a faire un coup pareil. Ca accentue aussi le sadisme du tueur, oui, et le sentiment d'atrocité est accompagné par celui de la stupéfaction... Cet étonnement, lui, est amené par une certaine admiration quand aux talents de manipulation. Si on admire pas cet aspect là, on ne peux pas être véritablement étonné, au mieux on sera déçu je pense.
Pour en revenir à Dexter, puisqu'il s'agit de ça à la base, je trouve néanmoins que les scénaristes s'évertuent généralement à poser la question des limites (rien que le principe du bon gars qui doit assouvir des pulsions qui le dépassent est déjà une réflexion en soit). Ce que j'ai moins retrouvé dans la saison 3. D'ailleurs c'est aussi la première saison où les meutres sont montrés plus cruement... Comme si les auteurs était devenus aussi décomplexé avec le meurtre que leur personnage principal, qui s'assume totalement dans cette saison... Par contre, le côté sérial killer m'apparait comme une facilité scénaristique, on surfe sur une mode, on distille une imagerie qui fascine, on décale un peu tout ca, pour alléger le tout. Et hop, on a de la bombe... Je ne sais pas si c'est un coup de génie, ou une profonde arnaque
