par Guewan

Interview réalisée le 21
novembre 2004 au Festival BD, Arts et Littérature
de Pertuis


Clichés de Beyrouth 1990


© Humanos Associés 2004

Le Cirque Aléatoire

Tome 1

© Treize Etrange 2004

Tome 2

© Treize Etrange 2004


Kuklos


© Soleil 2003

Banquise


© Soleil 2002

Collaboration de Christophe avec Alexandre Thomas

Grise Mine


© Paquet 2000


Chronique de Clichés de Beyrouth 1990

Accueil Interviews

Réagissez sur le forum à propos de ces auteurs !


Les bénéfices des ventes de l'album seront reversés à l'association qui s'occupe des pauvres de Beyrouth, dirigée par la tante des Ricard.
Elle fait partie du mouvement des Franciscaines Missionnaires de Marie.

Pour en savoir plus, vous pouvez les contacter :
Franciscaines Missionnaires de Marie
7, impasse Reille
75014 PARIS
Tél. 01 45 89 90 88
Fax. 01 43 13 11 96

Ou par le biais de leur site Internet


Editions Les Humanoïdes Associés
Editions Treize Etrange [Milan]

Editions Soleil
Editions Paquet



© Gaultier


© Guewan
(cliquez pour agrandir)

J'aimerais d'abord saluer le travail dans votre dernier album..
C'est un témoignage comme on en voit trop peu. C'est touchant, c'est beau, bravo.

Sylvain Ricard : Oh ben merci. ça fait toujours plaisir.

Reverser les bénéfices à une association des pauvres de Beyrouth est
un beau geste.. j'irai même jusqu'à dire un geste compréhensible.

S.R. : En tous cas ça ne m'a pas effleuré une seule seconde de ne pas le faire. Ni de le proposer à Bruno qui n'a pas hésité une seconde non plus.

Mention spéciale à Christophe pour son adaptation parce que cela doit être assez difficile de mettre en image une histoire autobiographique quand on ne l'a pas vécue.
Comment cela s'est-il passé ?

Christophe Gaultier : Les clichés m'ont bien sûr beaucoup aidé, Sylvain et Bruno m'avaient fourni un copieux road book de plus de 300 pages et un découpage assez détaillé. Le travail était tellement bien préparé que l'album s'est fait très vite. Le plus difficile était d'adapter le mieux possible la doc photo au style de dessin que j'avais choisi pour obtenir un résultat homogène.


© Gaultier

L'idée, l'envie de Clichés remonte-t-elle à longtemps ? Si oui, pourquoi avoir attendu ? Fallait-il laisser mûrir tout cela ? Et pourquoi chez Tohu-bohu ?

S.R. : L'idée est venue à la suite de la sortie de Banquise (édité chez Soleil NDLR).

Je me suis dit que puisque j'en avais sorti un, pourquoi pas continuer. Ce n'est pas une attente voulue, juste l'opportunité de le faire. Ceci dit, je pense que ces années de digestion post-guerre ont été très favorables pour pouvoir écrire ce témoignage. Pour la collection Tohu-Bohu, c'est parce que j'en avais envie, tout autant pour le format, la collection, l'éditeur et le directeur littéraire qui s'en occupent.

Y a-t-il un parallèle à tirer entre Le Photographe (paru aux Editions Aire Libre NDLR) et votre album (dans la démarche, le témoignage..)?

S.R. : Je les ai mais... dans ma pile de livres à lire. Hé oui, je devrais avoir honte, sans doute. Maintenant, c'est ce qui se dit...

Vous êtes assez présents tous les deux sur des sites et des forums sur Internet.
Trouvez-vous que ce sont de bons moyens de marketing ou de feedback ?

C.G. : Marketing ? a priori ce n'est pas notre boulot, je ne sais pas si être présent sur les forums a un réel impact sur les ventes, nous y allons pour avoir un feedback sur notre travail, pour échanger, faire des rencontres.

 

S.R. : C'est en tous cas un bon moyen de "sentir" comment les albums sont perçus. Marketing je ne crois pas, le nombre d'aficionados des forums étant assez faible et l'impact sur les ventes encore plus mince. Mais pour discuter de choses et d'autres, pour échanger plus qu'au cours de dédicaces, c'est quand même un bon moyen de communiquer de façon bilatérale.

Je sais que vous avez chacun beaucoup de boulot
(Sylvain avec ton job de scientifique & Christophe qui n'arrête pas depuis 2 ans)
mais arrivez-vous quand même à trouver un peu de temps libre ?

C.G. : Heu... Oui, étant donné que j'arrête de bosser vers 18 heures, il me reste du temps pour bouquiner bouger ma couenne et voir mes enfants.

 

S.R. : On y arrive toujours. Le travail d'écriture et de suivi de projet n'est pas régi par les lois de l'assiduité comme dans un travail plus alimentaire. J'ai toujours besoin de beaucoup attendre, de réfléchir, de prendre des notes avant de commencer un scénario. Et comme j'écris assez vite, ça laisse du temps pour profiter de la vie...


© Gaultier

Avez-vous eu récemment des coups de coeur
(livres, ciné, musique) ?

C.G. : En musique, je viens de trouver un album de Kat Onoma (Happy Birthday Album) que je ne connaissais pas et que je passe en boucle en ce moment.

En livre, je viens de finir le Maître de Balantrae de R.L Stevenson, son meilleur livre.

En bd, Adieu chunky Rice (aux Ed. Delcourt NDLR) de Craig Thompson, sensible et poignant.

 

S.R. : Oui, toute une série de livres de photos sur Pigalle, Montparnasse et La Bastille des heures chaudes de la pègre parisienne (années 1900-1930). J'adore les livres de photos d'époque.

Tiens, d'ailleurs à propos de musique, bossez-vous en silence ou avec un fond sonore ?
Si oui, quoi ?

C.G. : J'écoute de la musique du lever au coucher pratiquement, j'ai une cdthèque assez fournie et variée.

En ce moment j'écoute Kat Onoma, Bowie (lui c'est tous les jours que je l'écoute), les Pixies (régulièrement), Jon Spencer, de vieux Morrissey, Bashung "L'imprudence" (superbe), Björk Homogenic, et pleins d'autres trucs...

 

S.R. : C'est variable. Souvent en musique, ou avec un fond sonore. En fait, je me concentre mieux quand je sens une présence pas loin de moi qui me permet, même si ça peut paraître curieux, de me déconcentrer avant d'y retourner.

Christophe, vu ta belle maîtrise des cadrages et de la mise en scène, quels sont les films/cinéastes qui te plaisent ?

C.G. : La liste serait longue, j'aime énormément de trucs, mais quand je regarde un film je ne me paluche pas sur la technique. J'aime ou j'aime pas. Je suis donc incapable de dire qui est fort en cadrage, qui maîtrise le découpage. Moi-même quand je cadre, je ne me pose pas de questions et je ne pense pas à ma mise en page ou à l'équilibre de ma page.

Mais je m'égare... Si je devais citer quelques noms je dirais Ozon, Burton, Houston, Scorceson, Van Son, les freres Coenon, Bourgeron...

Parlons des festivals et des dédicaces.

Etes-vous des "mordus" des rencontres que cela vous permet d'avoir ?

C.G. : Je ne suis pas hyper fan de cet exercice, étant donné que je n'aime pas dessiner en public, et je n'ai pas l'habitude de parler en dessinant, d'autres le font très bien. Néanmoins il y a quelquefois de belles rencontres, de bons moments.

 

S.R. : J'aime bien, mais je ne suis pas un mordu. C'est surtout une question d'ambiance. Quand ça déconne un peu, que les gens sont bavards et que je ne suis pas trop fatigué, c'est plutôt un bon moment. Et puis ça permet de pouvoir voir Christophe, ce qui n'est pas si fréquent. Mais pour être honnête, ce sont rarement de vraies rencontres, sauf dans le cas où il y a des amis venus pour l'occasion.

Trouvez-vous que le marché de la BD a une offre trop supérieure à la demande (cf. les années 80 et l'explosion du marché) ? Le libraire ne peut plus conseiller sa clientèle comme il le faudrait, la petite publication sera étouffée par les grosses sorties, les coffrets, le merchandising, le lecteur ne peut pas tout acheter ni même tout feuilleter...

C.G. : Houlà c'est l'apocalypse ton truc, ben oui mais c'est comme ça, qu'est ce que tu veux. Il y a trop de bd et dans le lot beaucoup de mauvaises. Il faudrait que la production ralentisse. On est tous d'accord pour le dire, pour que les libraires aient le temps de lire les livres et faire leur boulot correctement.

 

S.R. : Le problème est compliqué, parce que si le nombre de sortie explose, c'est aussi dû au fait que celui des lecteurs suit. Le libraire débordé, ça existe, mais s'il est vraiment mordu, il saura suivre ce qui se dit, lire ce qu'il faut et conseiller les ouvrages qu'il a aimé. Mais ne pas oublier que libraires, éditeurs, diffuseurs et distributeurs sont des marchands avant tout et qu'il faut bien vendre un certain volume pour assurer ses arrières. Sans ça, c'est droit dans le mur...

Avez-vous fait des séjours à l'étranger qui vous aient marqué ?

C.G. : Oui les Highlands, l'Ecosse en 95, une région qui n'a pas changé d'un iota en 1000 ans, un séjour intense.

 

S.R. : Ben au Liban, bien évidemment. Mais aussi un voyage en Chine que j'ai adoré. J'ai d'ailleurs poursuivi mon voyage dès mon retour avec la lecture de Shenzen qui venait de paraître. Sinon, pas mal aux Etats-Unis mais si ça m'a marqué, c'est plus d'ennui qu'autre chose.

Avez-vous des clones ou des nègres qui bossent pour vous ?

C.G. : Non, j'ai des esclaves comme tous les dessinateurs curieusement prolifiques.

 

S.R. : C'est Paul-Loup Sulitzer qui écrit la plupart de mes histoires. Comment tu sais ça ?

Je ne révèlerai pas mes sources...

S'il existait une émission de télé réalité avec des auteurs bd, aimeriez-vous y participer ?

C.G. : Ah ouais ! Quelle bonne idée !!! Si Bourgeron et Beineix y participent je dis voui !

 

S.R. : Non. Pas envie de montrer ma gueule à la télé, sauf pour parler de mes livres. Mais comme la BD et la télé ça ne colle pas, pas de problème pour le moment.

Et pourquoi Beineix et pas Ricard ?

C.G. : Le duo Beineix - Bourgeron est à mon avis plus intéressant, sans vouloir vexer Sylvain qui déteste les émissions type "Loft" mais qui est plus pour "star academy". Je sais qu'il souhaiterait y participer pour améliorer son jeu de jambes qui est assez déplorable, il faut bien l'avouer.


© Gaultier

Si vous n'aviez pas été auteurs de bd, qu'auriez-vous fait ?

C.G. : Hm, je pense que j'aurais été rémouleur, oui... rémouleur... non... plutôt fabricant de soufflet d'accordéon... oui c'est ça, fabricant de soufflet d'accordéon.

Que pensez-vous de la bd publiée sur le net ? Progrès, feu de paille, stupidité, ou autre ?

C.G. : C'est un peu comme les émissions de télé en odorama, aucun intérêt.

 

S.R. : Inintérêt pour moi.

Que pensez-vous des collectionneurs ? Quel regard portez-vous sur cette attitude ?
Avez-vous des fans qui vous suivent partout ?

C.G. : Pour les collectionneurs... À vrai dire j'ai du mal à les comprendre mais bon ils ne sont pas méchants, quelques-uns sont un peu lourds et insistants parfois, mais il suffit de se lever et de crier en pointant le doigt : " Là !!! Je viens de voir passer Loisel !!! " Et tout redevient normal.

Les fans si nous en avons, ben qu'ils se manifestent et qu'ils nous envoient des sous !

 

S.R. : Ils m'étonnent. Je ne suis pas collectionneur pour un rond mais ça ne me gêne pas du tout que d'autres le soient.

Suite de l'interview ...
© www.bdetente.com - Toutes les images & les textes présents sur le site sont la propriété de leurs auteurs